Dicter son livre au lieu de l'écrire : la voix comme point de départ
Beaucoup d'auteurs que nous accompagnons racontent très bien leur histoire. Assis en face de vous, ils tiennent une heure sans notes, avec des détails, du rythme, des silences au bon endroit. Puis ils ouvrent un document Word, et plus rien ne sort.
Ce n'est pas un manque de talent. C'est un décalage entre deux compétences que l'on confond souvent : savoir raconter et savoir taper.
Pourquoi le clavier bloque ce que la voix libère
Trois raisons reviennent dans nos entretiens.
La vitesse. On parle à environ 150 mots par minute. On tape, dans le meilleur des cas, à 40. Cet écart crée une frustration permanente : votre pensée avance, vos doigts retardent, et la moitié de ce que vous vouliez dire s'évapore en cours de route.
Le jugement immédiat. Devant un écran, chaque phrase écrite devient un objet à critiquer. Vous relisez, vous effacez, vous reformulez avant même d'avoir fini le paragraphe. À l'oral, ce réflexe s'éteint : vous avancez.
L'oralité comme culture. En Afrique francophone, la transmission passe d'abord par la parole. Les récits de famille, les enseignements, les conseils d'aîné circulent à voix haute. Demander à un auteur de convertir directement cette matière en texte tapé, c'est lui imposer un format qui n'est pas le sien.
Ce que la dictée change concrètement
Dicter n'est pas une béquille pour ceux qui écrivent mal. C'est une méthode de production de matière première.
Un chapitre dicté en 25 minutes donne, une fois transcrit, entre 3 000 et 4 000 mots bruts. Ce texte n'est pas publiable en l'état : il est répétitif, mal ponctué, plein de digressions. Mais il existe. Et corriger un texte qui existe est infiniment plus facile que d'affronter une page vide.
C'est le principe que nous appliquons dans nos propres entretiens d'auteur : d'abord faire sortir la matière, ensuite la mettre en forme. Jamais l'inverse.
Comment dicter un chapitre utilisable
La dictée brute donne rarement de bons résultats sans un minimum de préparation. Voici le protocole que nous recommandons.
1. Fixez un cadre avant d'appuyer sur enregistrer.
Écrivez trois lignes sur une feuille : de quoi parle ce chapitre, ce que le lecteur doit comprendre à la fin, et par quelle scène ou quel exemple vous commencez. Ces trois lignes suffisent à éviter le monologue sans direction.
2. Parlez à quelqu'un, pas à un micro.
Imaginez un lecteur précis en face de vous : un proche, un collègue, un jeune de votre secteur. Le ton devient naturel, les explications se calibrent toutes seules.
3. Ne vous arrêtez pas pour vous corriger.
Si vous vous trompez, dites simplement « je reprends » et continuez. Le nettoyage vient après, jamais pendant.
4. Dictez les détails sensoriels.
C'est ce que l'écrit perd le plus souvent : l'odeur du marché, le bruit de la pluie sur la tôle, la couleur du ciel ce jour-là. Ce sont eux qui distinguent votre livre d'un texte générique.
5. Une séance, un chapitre.
20 à 30 minutes maximum. Au-delà, la concentration tombe et la transcription devient un chantier.
Du fichier audio au manuscrit
C'est ici que la plupart des auteurs abandonnent. Ils accumulent des heures d'enregistrements vocaux dans WhatsApp, sans jamais franchir l'étape suivante.
Trois options existent :
- La transcription manuelle. Fidèle, mais très lente : comptez trois à quatre heures de travail pour une heure d'audio.
- La transcription automatique seule. Rapide, mais elle produit un bloc de texte sans structure, sans chapitres, sans ponctuation fiable. Vous avez déplacé le problème, pas résolu.
- Un outil qui transcrit et structure. C'est le seul chemin qui mène réellement à un manuscrit.
C'est précisément la logique que nous avons intégrée dans Plume, l'outil d'écriture développé par ROWS. MRY,. Vous racontez votre projet à l'oral, l'outil vous interroge comme le ferait un éditeur, en tire un plan de chapitres, puis rédige chapitre par chapitre à partir de votre matière et de votre voix. La dictée vocale y est intégrée à chaque étape : vous pouvez parler plutôt que taper pour alimenter un chapitre ou demander une révision.
Le résultat n'est pas un fichier audio de plus. C'est un manuscrit exportable en PDF, Word ou EPUB, avec page de garde et table des matières.
Les limites qu'il faut connaître
Soyons honnêtes sur ce que la dictée ne règle pas.
Elle ne remplace pas le travail éditorial. Un texte dicté conserve les tics de l'oral : phrases qui s'étirent, redites, transitions absentes. Il faut une passe de réécriture, humaine ou assistée, pour lui donner une tenue de livre.
Elle ne convient pas à tous les genres. Un essai technique dense, un ouvrage juridique, un livre à forte charge documentaire se dictent mal. En revanche, une autobiographie, un récit de vie, un livre de témoignage, un guide pratique issu de votre expérience : ce sont les formats où la voix donne les meilleurs résultats.
Elle demande un environnement calme. Un enregistrement fait dans le bruit d'un taxi produit une transcription inexploitable.
Par où commencer cette semaine
Choisissez le chapitre que vous connaissez le mieux, celui que vous pourriez raconter à n'importe qui sans préparation. Ce n'est sans doute pas le chapitre 1. Peu importe : commencez par lui.
Écrivez vos trois lignes de cadrage, enregistrez 20 minutes, transcrivez. Vous aurez un premier chapitre brut en une heure. C'est souvent tout ce qu'il faut pour qu'un projet arrêté depuis deux ans redémarre.
→ Tester la dictée vocale sur Plume, les premiers chapitres sont offerts et ne demandent pas de carte bancaire.
Vous préférez déléguer entièrement la mise en forme de vos enregistrements ? Parlons de votre projet sur WhatsApp.
Articles liés